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Corse matin s'invite dans le cirque de la solitude sur le GR20

La dernière traversée de cette année 2022 s'est faite accompagnée par un journaliste du quotidien Corse Matin.

En plus d'un bel article Nicolas W. a fait de très s belles prises de vues en drone !


Voici la vidéo suivie son article :


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Fermé, déséquipé puis abandonné, le site d'E Cascettoni continue d'attirer les passionnés de montagne. Un lieu emblématique, inhospitalier que certains tentent tout de même d'apprivoiser. Louis Moulenc, un enfant d'Asco, accompagne de petits groupes dans ce chaos minéral


Un dédale de granite et de basalte, une pente abrupte, vertigineuse, fermée à l'est par une crête inaccessible, ouvert à l'ouest sur un goulet minéral impraticable. La traversée d'E Cascettoni, appelé Cirque de la Solitude depuis les années 70, n'est pas à la portée de tous les randonneurs. Banni du GR20 après avoir emporté sept personnes dans un terrible éboulement en 2015, ce site emblématique de l'itinéraire, déséquipé des chaînes et des échelles, a retrouvé son état sauvage.


Fascination et inquiétudes

En ce milieu d'automne, dès le départ de la station d'Asco pour le col de Tumasginesca, ou Col Perdu, le sentier semble disparaître petit à petit, effacé par la montagne et l'absence de marcheurs.

Quelques vieilles traces du balisage blanc et rouge se décèlent parfois sur les rochers mais attention, mieux vaut ne pas s'y fier. « On aperçoit de vieilles traces de temps en temps, explique Louis Moulenc, mais souvent ce sont des pierres ou des rochers qui ont glissé loin de leur positionnement d'origine. »


Cet accompagnateur en montagne propose depuis trois ans à de petits groupes de rejoindre le refuge de Tighjettu par l'ancien GR et le Cirque de la Solitude. Pas à pas, si les conditions météo le permettent, il guide les randonneurs dans ces étendues rocailleuses.

Au gré de l'avancée, il distille quelques informations historiques, des conseils techniques et traduit même les paysages pour les novices.

Ainsi, on aperçoit le Cintu et le col des éboulis, nouvel itinéraire du sentier de grande randonnée. On rejoint les ruines du refuge d'Altore, emporté par un incendie au milieu des années 80, puis le lac éponyme.

Déjà, il faut s'aider des mains pour avancer et gravir. « On rentre déjà dans le dur, lance Alison en se relevant sur une plateforme rocheuse. La vue est magnifique ici, c'est superbe. »

Avec Benoît, un randonneur venu se tester sur le GR20, la jeune femme a loué les services de Louis Moulenc en quête d'aventure et de découverte. Le Cirque fascine et attire même les moins aguerris. « On a peur et, en même temps, on veut y aller, c'est un endroit mythique, explique Benoît. Avec un accompagnement, on se sent en confiance, je ne sais pas si j'y retournerais tout seul. »


Trouver le bon itinéraire

Face à une pente abrupte et rocailleuse, le groupe marque une pause. C'est ici que débute la traversée technique.

Au premier coup d'œil, aucun chemin praticable, juste des dalles glissantes et des amas de pierres volcaniques. « C'est un secteur où il faut être montagnard pour s'aventurer seul, met en garde l'accompagnateur. On peut facilement se perdre ou se faire mal. Le pire est d'avoir une montée de stress et de perdre ses capacités. »


À chaque fois qu'il entame le passage, il remarque de nombreuses évolutions. Les intempéries et le temps font bouger les pierres, déclenchent des éboulements plus ou moins importants. « Ça a beaucoup bougé cette année. Dès l'entrée, on voit qu'il y a beaucoup de matière qui est partie vers le fond. Quand il pleut, ça ruisselle de partout, il y a des canyons qui se sont façonnés. »

Louis connaît le secteur et ces pierres sur le bout des doigts. De manière ludique et rassurante, il fait progresser son groupe, tantôt debout, tantôt sur les fesses. Les rivets des anciennes installations sont encore bien fixés dans le granite, comme des vestiges d'une époque où les randonneurs faisaient parfois la queue ici pour traverser. « On ne croise pas grand monde dans le Cirque, certains randonneurs solitaires qui connaissent le secteur », détaille l'accompagnateur.

Dès que l'on arrête de marcher, seuls les battements d'ailes des corbeaux se font entendre. Dans le Cirque, le moindre bruit s'amplifie et fait écho sur les parois.

Après un peu plus de deux cents mètres de dénivelé négatif, la partie basse est atteinte. Il faudra escalader l'endroit où se trouvait avant une échelle en ferraille pour reprendre de l'altitude.

Aujourd'hui, la roche est sèche, mais parfois les dalles sont humides. « Faites confiance à vos chaussures et placez correctement vos pieds », indique Louis à son groupe tout en s'assurant que tout est sécurisé.

Après quelques frayeurs, un escalier de pierres permet de rejoindre Bocca Minuta, la sortie sud du site. La vue est imprenable, l'adrénaline redescend lentement devant les panneaux « Danger » et « Itinéraire interdit ».

D'un regard en arrière, on tente de retracer le chemin parcouru mais, comme de l'autre côté, aucun sentier ne semble exister dans ce chaos minéral. "


Un grand merci à lui pour l'intérêt qu'il porte à nos montagnes et notre profession d’accompagnateur...

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